Messagers du Monde Invisible


John E. Mack, M.D., Class of ’51

Le magazine Oberlin Alumni, automne 2002
Vol. 98, No. 2

Si en quelque part quelqu’un essaie de nous prévenir, ne devrions-nous pas essayer d’écouter?

Si jamais il avait été possible d’éviter les problèmes, il était maintenant trop tard. Le doyen de la Harvard Medical School voulait faire enquête sur « des préoccupations soulevées dans la presse et ailleurs » à propos de mon travail sur les enlèvements par des extraterrestres.

C’était le 1er juin 1994, peu de temps après la publication de mon livre Enlevés par les extraterrestres, que j’avais prévu une rencontre avec James Adelstein, le doyen responsable des programmes à la faculté de la Harvard Medical School. À cause de l’aspect controversé du sujet et de ma grande visibilité dans les médias (des articles sur moi et mon livre étaient parus dans des magazines et des journaux à l’échelle nationale, et mes producteurs avaient cédulé des apparitions sur des émissions telles que Larry King Live, Dateline et Oprah), je croyais que je devais discuter de la situation avec des collègues de l’administration de l’école de médecine.

Mais M. Adelstein avait plutôt formé un comité pour examiner la question; ainsi a commencé une épreuve qui a duré 15 mois et qui a impliqué des avocats, des comparutions devant le groupe par mes patients et moi, des témoins de la faculté, la soumission de volumineux dossiers, des rapports du comité et ma réponse, des documents sur les normes et l’éthique, des lettres d’appui, et les déclarations écrites sous serment de 30 patients avec lesquels j’avais travaillé. Un an après, j’ai reçu une lettre du doyen; il avait pris connaissance du rapport du comité et il m’enjoignait de ne pas « violer les standards élevés de la pratique clinique et de l’enquête clinique » de l’école de médecine. Il me laissait le soin de déterminer quels étaient ces standards.

Alors, quelle était exactement cette controverse qui avait conduit l’école de médecine à prendre des mesures sans précédent pour enquêter ainsi sur un des membres de sa propre faculté?

Au début, M.Adelstein avait donné un indice de ce qui était en jeu. Je ne me serais pas attiré de problèmes, avait-t-il déclaré, si je n’avais pas écrit dans mon livre que mes résultats nécessitaient que nous regardions la réalité de façon différente. J’aurais plutôt dû écrire que j’avais trouvé un nouveau syndrome psychiatrique d’une étiologie inconnue.

Depuis, j’en suis venu à la conclusion que cette inquiétude était causée par la remise en question, présentée dans mes travaux, de la vision dominante du monde. L’idée que les gens reçoivent la visite d’une quelconque forme de vie inconnue était (et demeure) tellement éloignée des limites de la réalité occidentale dominante, qu’une réponse exceptionnelle s’imposait. L’avocat du président de Harvard a fait remarquer à mon avocat : « Eh bien, que croyez-vous que le doyen de la Harvard Medical School ressent lorsqu’il voit un de ses professeurs au Oprah Winfrey Show dire que des petits hommes verts prennent des femmes et des enfants à bord de vaisseaux spatiaux? »

Il est bien vrai que j’étais allé à l’émission d’Oprah, mais je ne crois pas que le doyen l’ait regardée, car je n’ai pas parlé de petits hommes verts. La nature de l’angoisse de l’administration était cependant évidente.

 

Rompre avec les traditions

Ma pieuse éducation laïque dans une famille juive-allemande — et intellectuellement sceptique — de New York, ne m’avait pas préparé à ma future carrière, bien que la curiosité et l’exploration avaient été encouragées. Mes parents étaient du milieu académique. Mon père, un professeur de littérature anglaise au New York City College, nous faisait la lecture de la Bible à ma sœur et à moi, non pas comme la parole de Dieu, mais plutôt comme un document d’une grande importance littéraire pour notre culture et notre éducation personnelle.

Je suis devenu médecin dans le but d’être psychiatre, et ma formation psychanalytique freudienne orthodoxe à Boston ne comportait aucune critique de la culture mécaniste et scientifiquement matérialiste qui prévalait dans la communauté médicale américaine. Dans cette vision du monde, comme le disait l’historien intellectuel Richard Tarnas : « L’âme du monde a été éradiquée de l’univers entier, et l’être humain se l’est appropriée, à toutes fins pratiques. » De plus, les réalités que les méthodes scientifiques établies ne pouvaient expliquer furent considérées comme moins significatives.

Toutefois, il y a eu, dans ma formation à Oberlin, quelque chose qui favorisait une ouverture et une disposition pour envisager des possibilités non orthodoxes. L’histoire et la culture de ce collège est pleine de remises en question du statu quo social, politique et intellectuel. Ce n’est pas une coïncidence si le véritable pionnier de l’exploration du phénomène des enlèvements par des extraterrestres est Bud Hopkins (diplômé de 1953), qui le premier m’a fait connaître la population des personnes victimes d’enlèvement.

La vision du monde traditionnelle de mon éducation a commencé à s’effriter lorsque j’ai entrepris une formation de trois ans avec la méthode Grof de travail de respiration holotropique; il s’agit d’une sorte de thérapie qui suscite un état de conscience hors de l’ordinaire par une respiration profonde ainsi qu’une musique puissante et évocatrice. Dans cet état second, le sujet peut accéder à une réalité élargie. Des univers de possibilités s’ouvrent alors, et le sujet peut virtuellement s’identifier à n’importe quel temps, n’importe quel être ou n’importe quel endroit dans le cosmos. Il peut faire l’expérience d’événements intra-utérins ou reliés à la naissance, et sa conscience semble se séparer du corps physique. Les panthéons d’êtres mythiques peuvent possiblement devenir l’objet d’une telle identification.

Ce travail m’a préparé pour ce qui s’en venait. Sans lui, j’aurais rejeté l’idée que plusieurs personnes saines d’esprit (plus d’un million aux États-Unis seulement, selon plusieurs sondages, ont des souvenirs conscients de visites d’extraterrestres) rencontraient des entités, malgré le fait que leurs caractéristiques paraissent étranges et que les technologies soient mal comprises. Ce fut cependant un grand pas à franchir pour moi de considérer sérieusement la possibilité que les déclarations des « personnes enlevées » — ou des « expérienceurs » comme je préfère les appeler — soient bien réelles, et non pas simplement le produit de leur esprit ou de leur imagination.

Lors de la publication de mon livre Enlevés par les Extraterrestres (Abduction), je travaillais déjà étroitement depuis plusieurs années avec plus de 50 de ces personnes dans le cadre de ma pratique psychiatrique. J’étais convaincu qu’il n’existait aucune explication psychiatrique pour ce à quoi mes patients faisaient face. Je me basais sur plusieurs facteurs : ils étaient fondamentalement sains d’esprit et ils faisaient preuve d’un certain scepticisme; il y avait une grande similitude entre les expériences de personnes qui n’avaient eu aucun contact entre elles; ces expériences pouvaient être associées à la présence d’OVNIS non loin de là; il y avait la présence d’éléments physiques; ils ne tiraient aucun avantage à rapporter ces expériences (au contraire les expérienceurs doivent faire très attention à qui ils racontent leurs expériences, car ils s’exposent au doute, au ridicule et à l’isolement); enfin, des expériences avaient été rapportées par des enfants âgés d’aussi peu que deux ans.

Lorsque la chose a été sue que je ne traiterais pas d’emblée les expérienceurs comme des malades mentaux, des gens de tous les âges, de toutes les origines ethniques et de toutes les conditions socio-économiques qui croyaient avoir fait une rencontre avec des extraterrestres ont cherché à me rencontrer. Avant d’écrire publiquement sur le sujet, j’ai passé des centaines d’heures à écouter avec émerveillement des histoires — quelquefois à ce point similaires, qu’elles étaient virtuellement interchangeables. Les expérienceurs étaient parfois abasourdis (je qualifie cette réaction de « choc ontologique ») que d’autres personnes aient eu des expériences similaires, alors qu’ils avaient espéré que je puisse les « guérir » de ce problème ou le faire disparaître avec une pilule ou une interprétation psychiatrique nette.

Les grandes lignes du phénomène d’enlèvement sont maintenant connues de la plupart des gens qui lisent les magazines et qui regardent la télévision, mais ce n’était pas le cas lorsque j’ai commencé ce travail en 1990. Même aujourd’hui, les véritables détails sont rarement décrits de façon exacte dans les médias de masse. Essentiellement, une personne peut recevoir la visite, la nuit ou pendant le journée, de toutes sortes d’êtres humanoïdes, qui sont le plus souvent décrits comme mesurant de 1 à 1,25 m, avec une grosse tête, de grands yeux et un corps plutôt mince. Des êtres reptiliens, à l’apparence d’insectes, lumineux et parfois même de véritables humains ont été décrits en relation avec des expériences d’enlèvement. Parfois, la personne rapporte avoir été transportée à travers l’espace vers un engin où diverses procédures ont eu lieu. Celles-ci impliquent souvent un processus de reproduction humain/extraterrestre qui aboutit à la création d’une ou plusieurs créatures hybrides avec lesquelles l’expérienceur ressent habituellement une puissant lien émotionnel.

En plus de ces éléments physiques, les expérienceurs reçoivent des communications télépathiques de ces êtres, soit au travers de leurs grands yeux noirs ou à partir d’images montrées sur des sortes de téléviseurs. Elles se rapporte surtout à la destruction des systèmes vivants sur la terre, et des scènes de destruction — qui ont souvent des proportions apocalyptiques — sont montrées de force aux expérienceurs. Une victime d’enlèvement a fait référence à cette éducation écologique comme étant un « camp d’entraînement extraterrestre ».

Très souvent, les expérienceurs, qui étaient peut-être peu conscients de l’état précaire de l’environnement terrestre, deviennent des défenseurs passionnés de la sauvegarde de notre planète. Ces expériences peuvent être extrêmement traumatisantes, car elle font littéralement éclater la réalité de la personne. Mais si on aide les expérienceurs à surmonter leur terreur, on peut assister à une certaine croissance ainsi qu’à de puissants réveils spirituels.

 

La recherche de preuves

Au cours des premières années de mon travail, j’ai tenté d’établir que les « enlèvements » se produisaient au sens réel et physique. Il y avait parfois question de personnes disparues, de lésions physiques ou de marques laissées sur le corps des expérienceurs après une rencontre, ou la preuve qu’une sorte d’implant avait été laissé sous leur peau afin que ces êtres puissent suivre leurs déplacements.

Cette littéralité physique était certainement ce qui intéressait le plus le comité de la Harvard Medical School. Mais au cours des années, mon propre intérêt s’est déplacé. Je suis devenu convaincu qu’il s’était produit quelque chose de mystérieux et de réel, qui n’était pas simplement le produit de l’esprit de l’expérienceur ou d’influences psychosociales. D’importantes questions sont soulevées sur la façon de définir la réalité; des questions qui sont intimement liées à la méthodologie ou à la façon de savoir qui est recherchée.

Pour ce qui est du phénomène des enlèvements, les observations physiques, lorsqu’il y en a, sont très subtiles. Elles ne sont pas suffisamment fortes pour être utilisées par elles-mêmes ou pour être confrontées à la science officielle. J’en suis venu à considérer la question plus générale de savoir comment traiter les compte-rendus d’expériences très fortes, pour lesquelles les preuves physiques sont minces et qui vont à l’encontre de ce qui est généralement considéré comme possible. Le fait de faire entrer de force ces rapports dans une boîte psychiatrique ou de les écarter complètement, peut mener à une perte d’information essentielle à notre compréhension de nous-mêmes et de notre univers.

Habituellement, un psychiatre ne se préoccupe pas de prime abord si ce que les patients lui racontent sur leur vie est factuel ou véridique. Un bon travail utile peut être accompli en explorant la signification de ce qui est rapporté sans nécessairement savoir la proportion de ce que l’on doit croire. La méthodologie est à prendre au sérieux dans les professions qui s’occupent de santé mentale, et elle est parfois synonyme de bonne technique ou d’aide à un patient ou à un client. Très peu de choses sont en jeu du point de vue théorique ou philosophique.

Mais pour ce qui est du phénomène des enlèvements par des extraterrestres — qui remet en question le paradigme ontologique fondamental de notre société — les enjeux sont beaucoup plus grands. S’il s’avère que ces expériences sont véridiques, même mes critiques les plus durs seront forcés d’admettre que nous vivons dans un univers bien différent de celui dans lequel la plupart d’entre nous, moi inclus, pensions vivre. Les conséquences ne sont pas seulement scientifiques, mais elles affectent toutes les institutions de notre culture.

J’en suis venu à désapprouver les méthodes utilisées par le comité d’enquête de l’école de médecine, pour établir ou réfuter l’existence du phénomène des enlèvements. Les membres du comité ont insisté sur la nécessité de réaliser davantage d’examens psychologiques dans le but de déterminer ce qui ne va pas avec ces personnes. Ils ont proposé que les patients consultent des psychiatres traditionnels n’étant pas familiers avec ce phénomène, et que nous explorions d’autres explications, comme la paralysie du sommeil (les expérienceurs sont souvent incapables de bouger pendant les rencontres, mais ils ne dorment généralement pas). Enfin, le comité a réclamé davantage de recherches dans le but d’obtenir des preuves physiques. Néanmoins, lorsque les implications sont aussi importantes, la façon de déterminer la réalité de ce qui est rapporté par quelqu’un, en l’absence de preuves physiques sérieuses, prend une très grande importance.

Lorsque je fais l’évaluation des expérienceurs, je commence avec la même appréciation clinique que j’entreprendrais avec tout autre patient. J’évalue en particulier s’il y a quoi que ce soit dans l’historique ou l’état mental de la personne, qui pourrait faire la lumière sur ce qui a été rapporté. La relaxation induite par hypnose permet aux souvenirs de refaire surface et aide l’expérienceur à prendre contact avec ses émotions, mais elle n’aide pas beaucoup à déterminer ce qui s’est vraiment passé. J’essaie de déterminer si la personne a avantage à inventer une telle histoire, ou bien si elle a subi l’influence d’autres personnes ou des médias.

Enfin, je pose la question : ces patients sont-ils des personnes intègres qui de façon générale ne sont pas portées vers la fantaisie ou la déformation de la réalité? Il est utile, dans ces cas-là, de parler aux amis proches et à la famille. Le sentiment exprimé par l’expérienceur est-il relié à ce qui est rapporté? La formidable intensité de la terreur — ou d’une autre émotion — qui refait surface, au souvenir des expériences de rencontres, peuvent aider à établir si quelque chose de marquant a véritablement eu lieu.

 

Redéfinir la réalité

Alors qu’arrive-t-il une fois qu’il a été établi qu’un expérienceur est sain d’esprit, qu’il est fonctionnel et qu’il a réussi à passer à travers un événement aussi puissant? Nous sommes maintenant dans le brouillard. L’analyse psychologique conventionnelle a démontré seulement que la personne avait vécu une quelconque expérience traumatisante. Dans notre culture, nous n’avons pas fait beaucoup de progrès dans le développement de ce qu’on pourrait appeler une science de l’expérience humaine. Si nous acceptons le fait que les expérienceurs ont vécu un événement réel qui entre dans notre réalité tridimensionnelle, sans en faire entièrement partie, certaines questions se posent comme : De quelle réalité s’agit-il? D’où viennent ces êtres? Quelle est leur relation avec le divin ou le diable? Existe-t-il des entités ou des formes d’énergie qui se manifestent dans notre monde, mais qui sont d’une autre dimension ou d’un autre univers?

Si nous mettons de côté les questions scientifiques et philosophiques, l’attention se transporte du messager au message, de l’état mental des expérienceurs à ce qu’ils peuvent nous apprendre sur nous-mêmes et sur le monde. Les expérienceurs apparaissent alors comme des témoins particuliers, des voyageurs dans des réalités mystérieuses, un peu à la façon des héros mythiques qui s’aventurent sur de nouveaux territoires et qui reviennent pour raconter ce qu’ils ont vu. Je deviens alors un témoin pour les témoins, qui cherche le moment où l’on peut donner foi à leurs rapports, un peu comme les autorités religieuses lorsqu’elles évaluent la crédibilité de ceux qui rapportent des miracles.

Une préoccupation plus profonde se cache derrière les tentatives précipitées de nier l’existence de ces rencontres. Ce phénomène n’est pas isolé, mais il est plutôt une anomalie parmi tant d’autres. En effet, il y a aussi les expériences reliées à la mort imminente, les manifestations de spiritisme, les voyages shamaniques, les agroglyphes, les mutilations animales inexpliquées et les apparitions de la Vierge Marie dont des dizaines de milliers de personnes ont été témoins. Tout ceci remet en question les limites de notre compréhension de la réalité et suggère la possible existence dans l’univers, d’autres formes d’intelligence pouvant se manifester dans certaines conditions particulières.

De plus, il existe toute une série de résultats de recherches sérieuses, qui élargissent encore plus notre compréhension de la réalité. Il s’agit d’indications de l’existence de la clairvoyance, de la télépathie, de la vision à distance, de la psychokinèse, de la non-localité, de l’efficacité démontrée de la prière et d’autres exemples de guérison à distance, ainsi que la nature participative et cocréative de la connaissance elle-même.

Lorsque considérés dans leur ensemble, ces phénomènes nous en disent beaucoup sur nous-mêmes et sur l’univers, ce qui remet en question le paradigme matérialiste dominant. Ils révèlent que notre compréhension de la réalité est extrêmement limitée; l’univers est beaucoup plus mystérieux que nous l’avions imaginé; il y a des formes d’intelligence partout autour de nous (dont certaines semblent pouvoir nous atteindre); la conscience elle-même pourrait être la première force créatrice dans l’univers, et notre connaissance des propriétés physiques du monde est loin d’être complète. L’image qui en ressort est celle d’un univers qui consiste en une toile harmonique d’interconnexions, remplie de créativité et d’intelligence, dans laquelle l’individualité est une illusion.

L’incapacité démontrée par le matérialisme scientifique à guider notre compréhension et nos vies, a incité Kyriacos Markides, un professeur émérite de l’Université du Maine, à déclarer carrément que « les suppositions séculaires au sujet de la réalité, très répandues lors de ma formation universitaire [et, je suppose, de la majorité d’entre nous], représentaient en fait une immense illusion, une superstition matérialiste qui a laissé en rade et emprisonnée la pensée occidentale pour les 300 dernières années ».

Et comment les gardiens de ce paradigme mourant — bien que plus traditionnel — réagissent-ils à ces phénomènes? Plusieurs brandissent le spectre de la « pseudoscience ».

« La science part perdante », se plaint Lawrence Kraus, un physicien de la Case Western University qui est connu internationalement et qui semble attribuer tout l’intérêt pour ces phénomènes à la propension qu’ont les Américains « à se délecter d’histoires sur les possibilités infinies qui s’offrent à ceux qui ont […] l’esprit d’entrepreneur. »

En plus d’être ridicule, cela reflète un malentendu épistémologique fondamental. Les méthodes utilisées par la science — les hypothèses, les tests, la rigueur, l’expérimentation, les contrôles — ont une valeur et sont essentielles pour l’étude de phénomènes qui se situent principalement dans le monde matériel. Elles peuvent cependant se montrer inadéquates pour ce qui est de l’exploration de sujets qui sont à cheval sur les domaines visibles et invisibles. Elles sont par contre clairement insuffisantes pour nous en apprendre davantage sur les réalités qui se situent au-delà de ce qui est manifeste. Nous devons alors nous fier davantage sur l’expérience, l’intuition, les extraordinaires états de la conscience, et sur le savoir holistique ou du cœur, dans leur forme réfléchie et rigoureusement appliquée.

L’échec de l’espèce humaine — particulièrement en Occident et dans d’autres parties du monde influencées par la science et la technologie occidentale — à apprécier la nature fragile et interreliée de tous les êtres, est au cœur même de la dévastation que nous nous infligeons à nous-mêmes et à la plupart des formes de vie sur terre. Comme l’a écrit Thomas Klutznick, le président du Conseil d’administration d’Oberlin, dans l’OAM l’an dernier, nous sommes témoins de « la première extinction de masse causée par l’activité humaine ». Il n’est pas surprenant que des extraterrestres et la Vierge Marie soit devenus des messagers de l’invisible.

Il semble évident que ce que nous faisons à la terre constitue un crime aux proportions cosmiques. Il n’y a vraiment rien ni personne pour intervenir ou nous arrêter directement, car il ne semble pas que ce soit la façon d’agir des esprits. Par contre, il est possible que l’on nous aide à nous réveiller et à nous rappeler ce que certains peuples autochtones traditionnels n’ont jamais oublié : la vie est fragile et sacrée, et nous devrons apprendre à vivre en harmonie avec les autres espèces de la terre.

Ainsi, un voyage qui n’était pour moi qu’une enquête sur une étrange anomalie m’a conduit vers une plus grande appréciation du cadeau qu’est l’existence, et vers une implication plus profonde pour la préservation de la vie sur la planète et de ses possibilités infinies.

  • Le Dr John E. Mack (médecin diplômé en 1951), auteur, récipiendaire du prix Pulitzer et professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School, a consacré les 40 dernières années à tenter de comprendre comment notre perception de nous-mêmes forge notre perception du monde qui nous entoure. Auteur ou co-auteur de 10 ouvrages et de plus de 150 articles académiques, sa biographie de T.E.Lawrence (1977) A Prince of Our Disorder lui a valu le prix Pulitzer. Ses idées non conventionnelles sur l’existence et le but des visites de formes de vie inconnues, lui ont valu des critiques et une notoriété lors de la publication, en 1994, de son livre Abduction: Human Encounters with Aliens — un ouvrage maintenant épuisé. Son dernier livre Passport to the Cosmos: Human Transformation and Alien Encounters a été publié en 1999.

    Plus tôt dans sa carrière, en 1969, John Mack a mis sur pied le département de psychiatrie de l’hôpital Cambridge et il a fondé, en 1983, conjointement avec le docteur Robert Jay Litton et ses collègues, le Centre de psychologie et de changement social. En 1992, il a coprésidé la Conférence sur l’étude des enlèvements, une réunion historique de scientifiques au MIT pour discuter des rencontres avec les extraterrestres, et il a fondé, en 1993, le Programme pour la recherche sur les expériences extraordinaires (PEER) qui explore la diversité des expériences présentant des anomalies.

    John Mack est diplômé de la Société et de l’Institut de psychanalyse de Boston, et il est agréé par le conseil en psychanalyse des adultes et des enfants; il possède plus de 40 ans d’expérience dans la pratique et l’enseignement de la psychiatrie clinique. Il enseigne toujours.

John Mack (promotion de 1951) a pris la parole au Collège Oberlin en 2001, lors d’une réunion de classe pour marquer le 50e anniversaire de cette promotion. Cet article est une élaboration à partir de sa présentation. (La photo est une courtoisie du Centre de Psychologie et de Changement Social / Center for Psychology and Social Change).

 

 

La réponse Robert Naeye

John E. Mack, M.D.

La réponse du docteur Mack, suite à une critique dans une lettre à l’éditeur du magazine Obelin Alumni écrite par son confrère Robert Naeye (diplômé d’Oberlin en 1985) qui est un auteur scientifique et, de manière évidente, un défenseur du paradigme scientifique matérialiste.

LLa lettre (OAM – Hiver 2002-2003) de Robert Naeye (promotion de ’85) au sujet de mon article sur le phénomène des rencontres d’extraterrestres contient plusieurs distorsions et inexactitudes. À la façon de Voltaire, Naeye accueille favorablement l’ouverture du magazine envers un tel article, mais il interprète mes propos de façon erronée dans le but de présenter des arguments qui sont en accord avec sa vision du monde.

Selon M. Naeye je « prétends » que « des extraterrestres kidnappent des êtres humains », et que je n’en ai pas fourni les preuves physiques. Pourtant, la préoccupation que j’ai exprimée n’est pas tant de savoir « si les enlèvements ont littéralement eu lieu physiquement ». L’article portait plutôt sur la « question plus vaste » de savoir « comment réagir aux rapports de puissantes expériences pour lesquelles les preuves physiques sont très minces et qui vont à l’encontre de ce que l’on croit être possible ». Il est vrai que « je prétends » que « notre façon d’évaluer la réalité de ce qui est rapporté par quelqu’un en l’absence de preuves physiques indéniables » est importante. M. Naeye refuse de considérer l’intuition et l’expérience comme des chemins vers « la vérité et la connaissance » et il nous donne l’impression qu’il croit que tous les rapports faits par des êtres humains doivent être accompagnés de preuves matérielles pour être crédibles du point de vue scientifique.

M. Naeye suggère plutôt que le phénomène des rencontres est attribuable à de faux souvenirs, à une tendance aux fantasmes ou à des idées que moi ou Budd Hopkins (promotion de 1953) aurions suggérées. Mais n’y a aucune preuve de cela. Les expériences sont « mystérieuses et bien réelles », et des dizaines de milliers d’heures de travail clinique par plusieurs enquêteurs n’ont fourni aucune explication conventionnelle.

Robert Naeye se fie à la voix de la majorité (« seule une infime partie de la communauté scientifique » partage mon avis) pour appuyer ses arguments. Il doit pourtant savoir combien de fois dans l’histoire les autorités reconnues se sont trompées lorsque confrontées à des anomalies qui ne cadraient pas avec un paradigme établi. Enfin, Robert Naeye présente comme preuve le fait qu’un psychiatre des ses amis a vu « des milliers de patients » et qu’aucun d’eux ne lui a jamais rapporté d’histoire d’enlèvement. Il doit pourtant savoir que les patients ne se confieront que sur des sujets auxquels ils croient que le thérapeute est ouvert, particulièrement lorsque ces sujets amènent une profonde remise en question de la réalité généralement acceptée.

—John E. Mack, M.D.

Note de l’éditeur du site Web du Dr Mack, johnmackinstitute.org : la suggestion de M. Naeye, selon laquelle les thérapeutes (ce qui inclut les thérapeutes comme le Dr Mack) « implantent des [expériences] dans la tête des gens » n’est pas convaincante suite à la réception, par cette organisation, de plus de dix milles lettres de personnes qui, n’ayant jamais rencontré le Dr Mack, ont néanmoins écrit pour déclarer avoir eu des expériences similaires à celles qu’il a entendues de la part d’expérienceurs avec lesquels il a travaillé personnellement.


  Sujets: Transformation Humaine et Rencontres Extraterrestres

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